- En attendant le retour de ton père, je ne veux plus que tu approches de cette fille c'est bien compris ?
- Pourquoi ? Que ce passe t'il avec Ashelia ?
- Je n'en sais pas plus que toi figures toi, nous devrons attendre le retour de ton père pour pouvoir éclaircir ton étrange réaction.
- Très bien...
____ Une fois la discussion terminée je pris mon sac et partis au lycée. Etant partie en avance je m'y rendis à pieds afin de ne pas croiser Ashelia. Une fois arrivée, tout était normal, désespérément normal. Je me dirigeais alors vers les salles de langue pour y suivre mon cours d'anglais habituel. Malgré les évènements de hier soir, je savais que je désirais la revoir, que l'envie qu'elle m'avait alors procuré, je voulais le ressentir à nouveau. Je voulais pouvoir replonger mes yeux dans son regard, pour m'y perdre encore une fois. Après que la cloche eut retenti une seconde fois, j'avais compris qu'elle ne viendrait. Nous ne partagions pas les mêmes options, ce qui en soit, n'était pas plus mal. Qu'elle était cette envie de jouer avec le feu ? Ce désir de braver l'interdit de ma mère ? Je n'en avais pas la moindre idée. Les cours de la matinée passé - sans avoir partagé le moindre cours avec Ashelia - je me dirigeais vers la cantine pour y refaire le même perpétuel calvaire. Une fois placée à la table où je m'asseyais habituellement, je me mis à manger mon repas. Je commençais à manger quand soudain quelqu'un vint vers moi. En relevant la tête, je vis que c'était elle, c'était Ashelia. Elle me demanda si elle pouvait manger avec moi, vu qu'elle ne connaissait encore personne. Je ne puis me résoudre à refuser. Je lui répondis qu'elle faisait ce que bon lui semblait pour ne pas laissé paraître ma joie, non approprié à la situation. Tout le monde nous regardaient, même en y étant habituée, cette fois ci c'était différent. Je n'étais pas la seule à être observée, Ashelia l'était également. Les gens devaient sans doute se demander pourquoi elle mangeait avec moi, ce qui je l'avoue, était un mystère pour moi aussi. Elle aurait très bien put déjeuner avec d'autre élève de la classe. Nous nous regardions entre deux bouchés de raviolis puis elle commença à parler :
- Pourquoi tout le monde nous regarde comme ça ?
- C'est parce que tu manges avec moi.
- Comment ça ?
- C'est parce que tu es nouvelle ici que tu ne sais pas.
- Bah expliques moi alors.
- Pour les gens dans cette école, je suis un phénomène de foire. Ils ne cessent de me regarder, tous, à cause de mon apparence, et de toutes les rumeurs qui courent à mon sujet.
- Et alors ? Qu'est ce que ça peut bien faire ? Il ne faut pas s'arrêter aux apparences.
- Et bien ici, tu es certainement la seule à penser ça.
- Je trouve ça ridicule d'écarter quelqu'un comme ça sous prétexte qu'il a un physique un peu différent du notre.
- En voilà des belles paroles, mais ne croit pas que c'est simplement pour ça que je suis seule, c'est également mon choix. Je n'aime pas ces gens, je n'aime pas les humains en général. Ce n'est pas la peine de sympathiser avec moi, ça n'apportera rien. Maintenant si tu veux bien m'excuser, j'ai terminé de manger.
____ Sans lui laisser le temps de répondre je partis déposer mon plateau pour finir dans la cour, à écouter de la musique assise sur un banc en griffonnant quelque mot dans un cahier. Il fallait retourner en cours peu de temps après, ce que je fis sans grande conviction. Le premier cours de l'après midi était un cours de mathématique. Comme je le pensais elle se trouvait devant la salle. Une fois le cours commencé, je pris mes notes habituelles en remarquant que parfois, elle se retournait pour m'adresser un regard curieux, qu'elle détournait dès que mes yeux venaient à croiser les siens. Nous jouâmes à ce petit jeu - si on peut appeler ça ainsi - tout l'après midi. Pour la dernière heure de cours le professeur d'histoire était absent. En me dirigeant vers l'arrêt de bus, je vis qu'elle était déjà là, ne voulant pas attendre le bus avec elle je rebroussais chemin pour me diriger vers l'ancienne gare de train où j'aimais aller quand j'avais besoin de réfléchir.
Les pensées de l'homme sont chaotiques, à chaque instant de sa vie, mais parfois, les troubles sont plus importants. Quand une chose étrange nous arrive, ou que des changements s'opèrent. Nous ne savons pas toujours quoi faire, alors on improvise, en espérant faire de notre mieux, mais parfois, on ne réussis pas forcement à prendre la bonne décision...
Music : All my little words !

